Gens sans terre

Gens sans terre

Julia O'Faolain

La scène est en Irlande, une terre très anciennement abonnée au malheur, à la folie – et au génie de la contradiction. Dans un couvent – qui d'ailleurs s'apprête à mettre la clé sous la porte –, Judith Clancy se souvient : elle a passé là un demi-siècle enfermée contre son gré, coupable de s'être trouvée, à l'âge des amours, mêlée aux douteux combat de la politique....

Traduit par Jacques Georgel

Édition papier

Date de parution : 29/03/1995

Prix : 23,05 €

Format : 432p.

ISBN : 978-2-85940-365-2

La scène est en Irlande, une terre très anciennement abonnée au malheur, à la folie – et au génie de la contradiction. Dans un couvent – qui d'ailleurs s'apprête à mettre la clé sous la porte –, Judith Clancy se souvient : elle a passé là un demi-siècle enfermée contre son gré, coupable de s'être trouvée, à l'âge des amours, mêlée aux douteux combat de la politique. Une tache écarlate oblitère sa mémoire, que la violencedu présent semble vouloir faire saigner à nouveau. Quel crime a donc été commis, et par qui ? Et quel autre crime s'annonce ? Le présent peut-il coïncider avec le passé, quand l'histoire ne cesse d'infliger à tous les démentis ? Les murs du cloître, on le devine, ne sont pas un abri contre les turbulences du dehors, contre les délires de ce théâtre de pantins dont un Shakespeare particulièrement retors tire les ficelles, et où les sorcières rêvent toujours de mettre leur balai au service du premier Macbeth venu.

L'histoire ne ressert jamais les mêmes plats. Soit. Mais elle s'ingénie à décliner en de cruelles variantes les vieilles malédictions que trop de gens ont intérêt à faire perdurer. C'est ainsi que depuis la nuit des temps ce pays refuse sa terre à ceux qui ont eu l'infortune d'y vivre. Que Judith soit un peu dérangée de la tête, qu'elle dise le vrai ou le faux... allez savoir. Ce qui est sûr, c'est qu'elle est la gardienne d'un ancien secret. Et que la réminiscence peut tuer.

Ignorée encore du public de langue française, Julia O'Faolain s'est vue célébrée des deux côtés de l'Atlantique dès la sortie de ce livre (1980). Nul doute, on n'oubliera pas de sitôt la voix âpre et belle, la voix dérangeante de Julia O'Faolain.

« Un modèle de roman dans la grande tradition du genre. » William Trevor