Au-dessous de tout

Au-dessous de tout

Paul Leppin

De Paul Leppin (1878-1945), citoyen de Prague comme Kafka, Max Brod n'hésite pas à proclamer que certains de ses romans peuvent être sans honte comparés à ceux de l'auteur du Château : « Il fut une sorte de Baudelaire germano-tchèque. Mais privé de tout espoir de rédemption ». Récemment redécouvert en Allemagne après un long purgatoire, Leppin commence aujourd'hui seulement à...

Traduit du Allemand par Corinna Gepner

Édition papier

Date de parution : 09/03/2004

Prix : 13,20 €

Format : 144p.

ISBN : 978-2-85940-973-9

De Paul Leppin (1878-1945), citoyen de Prague comme Kafka, Max Brod n'hésite pas à proclamer que certains de ses romans peuvent être sans honte comparés à ceux de l'auteur du Château : « Il fut une sorte de Baudelaire germano-tchèque. Mais privé de tout espoir de rédemption ». Récemment redécouvert en Allemagne après un long purgatoire, Leppin commence aujourd'hui seulement à être traduit (Marche dans les ténèbres, Phébus, 2001). Achevé au début des années trente (probablement en 1932), d'abord intitulé Der Untergang – titre qui évoque la chute, le cheminement dans quelque sous-sol dostoïevskien – et d'ailleurs sous-titré (provisoirement) « Roman d'un possédé », le présent récit ne sera publié qu'en 1984 (sous le titre Blaugast) et la critique saluera sa violente modernité.


Un homme livré à la nuit se laisse dévoyer par un ancien condisciple qui prétend étudier la science de la dégradation, la « biologie du dépérissement ». Ce dernier le confie à une femme qui, non contente de vendre ses charmes, s'ingénie à maintenir ses amants dans un état de complet asservissement érotique. La victime, cette fois, débordée par ses propres souvenirs (une adolescence pervertie par la honte), finira – ou manquera de finir – dans la plus basse abjection : celle de l'exhibitionniste payé quatre sous pour simuler dans des bouges les gestes d'un désir réduit à la pue (ou la pire) obscénité.
Dommage que Freud n'ait pas eu let temps de lire ce livre resté longtemps sous le boisseau.

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